A propos

La peinture est elle-même mon sujet d’observation, d’interrogation et d’expérimentation. Je revendique un goût pour le travail, le “métier”. Ce métier est un des outils qui me permet de « chercher et trouver » le plus justement possible dans un vocabulaire contemporain.

Le vivant - l’humain, l’animal, la nature - sont au centre de mon travail. Le monde tel qu’il est m’inspire beaucoup mais ne me convient pas et ne me suffit pas. Je le recréé, le tords, le déforme, le recompose, le retranscrit, le traduit dans mon écriture pour donner naissance à un autre monde à la frontière entre l’humain, le mythe, les fantasmes, le rêve, la monstruosité.

J’y mets en scène les multiples facettes de la grande comédie humaine, l’enfance, la sexualité, la souffrance, la violence individuelle ou collective, les chimères, les rêves, l’espoir et tout ce qui fait ma propre vie. Un ballet, une danse entre autofiction et universel.

J’opère un va et vient constant entre le réel et l’imaginaire le conscient et l’inconscient, le grave et le léger, la pulsion de vie et l’omnipotence de la mort, l’effrayant et le drôle et toutes les forces contraires qui nous constituent. “Je est un autre” formule paradoxale et extraordinaire d’Arthur Rimbaud, est le titre de plusieurs séries récurrentes sur le thème hallucinatoire de la métamorphose, du rêve, du double, de l’inconscient, où j’interroge la notion d’identité et appréhende le pouvoir de la génétique dans un proche avenir.

Ces frottements discrets des contraires, du beau et du laid, du négatif et du positif, perpétuellement enchevêtrés dans l’humain ou dans la schizophrénie de notre monde réel sont mes petits grincements, ma petite musique de fond.

Pour exprimer ce qui est si complexe, l’imaginaire me semble le seul langage, la seule voie pour aller comme Alice voir au-delà du miroir, ce qui se cache derrière son joli masque d’apparence, de bienséance et de normalité.

Une complexité, un chaos dont l’humour est souvent mon salvateur fil d’Ariane. Munis de ce fil, je vous invite à déambuler dans « mon petit labyrinthe », dans mon “rêve éveillé” comme le définissait merveilleusement le poète Charles Baudelaire.

Mes récoltes - Septembre 2017